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Quand des politiques exhortent les chrétiens à parler en chrétiens

En Occident, où prévalent le relativisme et le consumérisme, l’on ne s’étonnera pas de voir le verbe chrétien de moins en moins toléré. Parce qu’il fixe des certitudes et refuse la réduction de l’homme à ses seuls désirs et son indifférence servant à étalonner le bien et le mal. Détonnent alors les propos de responsables politiques appelant les chrétiens à ne pas abandonner les Evangiles, irritant même des fidèles et des responsables ecclésiastiques. Un ministre a récemment fait « scandale » en Finlande au sujet de l’euthanasie, l’avortement et du mariage homosexuel.
Dans son édition du 6 août dernier, Charisma News se penche sur l’indifférence désormais manifestée par le Département d’Etat américain quant à la liberté religieuse à travers le monde… un constat accablant alors que l’Administration Obama fait tout son possible pour promouvoir l’activisme LGBT en notamment en Afrique. Un contraste saisissant qui témoigne de la priorité en matière de droits de l’homme. Et les Etats-Unis ne sont pas les seuls concernés, la vieille Europe également, mais les voix de politiques qui s’y élèvent pour réclamer le soutien au Bien sont plus isolées qu’en Amérique, pays où le discours chrétien, modéré ou extrémiste, est encore assez fortement relayé, et ne suscite pas autant de remous qu’en Finlande.
Quand un ministre indispose les chrétiens politiquement corrects
Début juillet, le ministre de l’Intérieur a mis le pays des Mille lacs en ébullition : Päivi Räsänen a déclaré, au sujet de la fin de vie, l’IVG et des revendications du lobby gay, que les chrétiens doivent s’appuyer sur la Bible pour « trouver le courage d’agir contre l’opinion publique, les normes ou même parfois contre la loi ». Dans la semaine qui a suivi son exhortation, plus de 4 000 Finlandais ont quitté l’Eglise luthérienne pour dénoncer ces propos qu’ils jugent réactionnaires. « Réactionnaire » étant forcément vu de manière négative, et non pas simplement et de façon neutre comme une « réponse en réaction à ». Dans une intervention d’équilibriste sur Twitter, l’archevêque Kari Mäkinen, à la tête de l’Église, a évité de se mouiller : « On peut être d’accord ou pas [avec les opinions de la ministre] mais il ne faut pas les prendre comme des propos de l’Église. »
Quand un élu de premier plan appelle les chrétiens à penser à leurs frères et soeurs en Christ
En Allemagne, pays probablement le plus actif en faveur des chrétiens persécutés, le successeur d’Angela Merkel à la tête de la CDU/CSU au Bundestag, Volker Kauder, s’est permis de rappeler en juin 2012 aux chrétiens que leurs frères et soeurs dans la foi souffrent dans plusieurs pays. A l’occasion des tables rondes des Journées du christianisme dans le Bade-Wurtemberg, l’élu fédéral a affirmé : « Les chrétiens en terre musulmane doivent pouvoir profiter de la même reconnaissance et d’une pareille liberté que celle que découvrent les musulmans en Allemagne […] Si nous voulons la liberté et une vie sans oppression, nous devons nous serrer les coudes pour être plus forts et efficaces. » Volker Kauder a même poursuivi sur le manque de motivation des chrétiens dans la prière pour les persécutés : « Nous avons besoin de redécouvrir la puissance de la prière ! » Un encouragement nécessaire, car si la diplomatie allemande agit en faveur des chrétiens persécutés, les chrétiens allemands ne semblent pas plus motivés que leurs coreligionnaires d’autres pays sur le sujet.
Dans ces deux cas, ce sont les paroles de la Bible qui ont été mises en avant : le propos de Volker Kauder renvoie à l’épître aux Hébreux (« Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers ; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans un corps » 13 : 3), comme celui de Päivi Räsänen évoque les paroles des apôtres : « Mieux vaut obéir à Dieu qu’aux hommes. Nous ne pouvons certes pas taire ce que nous avons vu et entendu  » (Actes 4 : 19).
Si la laïcité est un concept chrétien que l’on peut faire remonter à la distinction entre César et Dieu, établie par Jésus, faut-il que les chrétiens, sous prétexte de laïcité, se taisent d’eux-mêmes pour ne pas offenser ? La pluralité, dans la démocratie libérale, c’est aussi pouvoir exprimer ses convictions chrétiennes, que ce soit en bâtissant un discours axé sur la Bible ou en présentant des idées allant dans le sens des valeurs chrétiennes. Faute de quoi, le discours chrétien ira toujours rétrécissant, comme peau de chagrin, pour ne pas heurter les valeurs toujours plus éloignées de celles chrétiennes, allant jusqu’à appeler le Bien Mal et le Mal Bien. En 2010, environ 40 000 personnes avaient déjà quitté l’Eglise de Finlande après des propos de Madame Räsänen jugés offensants sur l’homosexualité. 

Témoignagéthique

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