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Fin de vie

L’Eglise Protestante Unie de France raconte son absence de position sur l’euthanasie

Officiellement née au cours d’un synode tenu entre le 8 et le 12 mai dernier à Lyon, l’Eglise Protestante Unie de France, vient de publier un communiqué sur la fin de vie, alors que la proposition n°21 du candidat Hollande sur l’euthanasie sera l’un des prochains sujets de société. Dans une démonstration de savoir-faire en matière d’acrobatie à envoyer à toutes les écoles de diplomates, la nouvelle organisation de communion luthérienne et réformée annonce qu’elle ne prendra pas position sur le sujet et dit se référer à « l’Evangile de Jésus-Christ », pour justifier son choix. Une lettre précédant de peu la journée de réflexion de ce samedi 22 juin de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace-Lorraine quant à savoir s’il faut ou non bénir des mariages homosexuels.

Le 18 décembre 2012, le Professeur Sicard remettait au Président de la République un rapport sur la fin de vie, dont les conclusions ouvrent la porte au suicide assisté. Fidèle à ses convictions, l’Eglise catholique en France a exprimé ses réserves sur le texte, précisément quant au risque de légalisation et de dépénalisation de l’administration médicalisée de la mort. Le porte parole de la Conférence des évêques de France, Mgr Bernard Podvin, a appelé à la vigilance et remémoré les dénonciations du Pape Benoît XVI au sujet des pressions en faveur de l’euthanasie qui sont exercées sur les personnes les plus fragiles « dans une société fortement par les dynamiques de la productivité et les exigences de l’économie ». Des risques dénoncés même par la peu catholique candidate de Lutte Ouvrière à l’élection présidentielle de 2012, Nathalie Arthaud, dans une mise en garde qui témoigne de l’universalité de telles craintes, si quelqu’un était tenté de prétendre le contraire. Et, pourtant, l’EPUF préfère ne pas se prononcer.

L’EPUF, qui ne regroupe pas les cultes luthériens et réformés d’Alsace-Moselle et représente une minorité dans le paysage varié du protestantisme, semble se positionner comme l’interlocuteur protestant de référence. Elle affirme que « Les protestants ont une manière particulière d’aborder les questions éthiques. Ils n’entendent pas tracer les périmètres du licite et de l’illicite, ni poser des normes qui devraient s’imposer à tous […] Sur des questions aussi graves et sensibles que celles qui surgissent autour de la fin de la vie humaine, il ne saurait en effet y avoir de point de vue surplombant. Individuellement et collectivement, nous sommes tous en débat, en recherche, bien souvent tâtonnante. » Pour une critique résumée : comment parler pour ne rien dire…

« En marche, les humbles ! »… en faisant des ronds de jambe

Son « texte adressé le lundi 17 juin aux autorités politiques (exécutives et parlementaires), au président du Conseil consultatif national d’éthique, au président de l’Ordre des médecins et à des personnalités religieuses » appelle, certes, à développer les soins palliatifs, mais ne se positionne aucunement sur l’avenir de la Loi Léonetti de 2005 sur la fin de vie : l’EPUF assure « examiner sans exclusive l’éventualité d’une nouvelle étape législative », sans signifier ce qui ressort déjà de cet examen. Pourtant elle renvoie notamment au document de la Fédération protestante de France d’il y a une décennie, intitulé « Euthanasie et assistance aux mourants : éléments de réflexion, FPF 2004 » et reprenant un travail de 1991, qui dénonçait l’acharnement thérapeutique et affirmait qu’un médecin donnant la mort ne saurait être soustrait à ses responsabilités. Un renvoi par une lettre au ton timoré, en accord avec tout le monde, et au vocabulaire plus que diplomatique, comme pour ne pas être en reste dans la prise de position tout en évitant d’en prendre une. Une volonté de froisser le moins de monde possible, sinon de ne pas être assimilée aux catholiques (?) qui laissera plus d’un dans le doute…

L’EPUF, qui célébrera en 2017 les 500 ans de la Réforme sur le thème « Protester pour Dieu, protester pour l’Homme : quelles sont nos thèses pour l’évangile aujourd’hui ? », aura manifestement du chemin à parcourir en 4 ans avant de proposer une thèse claire sur ce sujet. En attendant, elle pourra piocher dans la mise en garde de l’Académie de Médecine qui dénonce la « sédation terminale » dont la finalité est l’administration de la mort, et refuse la confusion entre « fin de vie » et « arrêt de vie », qui « ne peut être assimilé à un acte médical ».

Témoignagéthique


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