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Libertés publiques, Mariage homosexualiste, Média

Emprisonnement d’un opposant pacifique : un haut magistrat et Pernaut dénoncent !

L’événement de cette nouvelle semaine d’opposition au mariage et à l’adoption homosexuels, c’est la peine de 4 mois de prison, dont deux fermes, prononcée à l’encontre de Nicolas B., l’un des fondateurs du mouvement des Veilleurs. Avec incarcération immédiate alors que depuis la loi pénitentiaire de 2009, les peines inférieures à deux ans de prison sont aménagées (bracelet électronique, TIG, etc.). Le jeune homme, arrêté après avoir manifesté contre François Hollande lors de son intervention sur M6, ne pourra vraisemblablement pas passer ses examens universitaires. Cette sanction soulève le cœur d’un haut magistrat à qui le quotidien Le Point a demandé son avis, livré de façon anonyme. Une lettre qui rejoint la dénonciation implicite par le journaliste Jean-Pierre Pernaut du silence imposé par les autorités et les médias, lequel a osé un « Il ne fait pas bon être hostile au mariage homosexuel », qui tranche avec la complaisance des médias envers le lobby gay.

Signant sous le nom de Malesherbes – connu pour avoir eu le courage de défendre le Roi Louis XVI avec qui il n’entretenait pourtant pas de bonnes relations -, le magistrat demande aux juges de ne pas être « impressionnés par la force que déploie un pouvoir aux abois ». Il fait valoir que le combat a changé de nature, il ne s’agit plus d’un échange au sujet du mariage et de l’adoption homosexuels, mais d’un combat pour la liberté et contre la dictature. Rien moins que ça ! Un pamphlet qui devrait amener le pouvoir à lancer une enquête pour en retrouver l’auteur, de la même façon que le Gouvernement a lancé deux enquêtes ciblant les militaires hostiles à la loi Taubira.

Dans une lettre de deux pages, « Malesherbes » dénonce l’absence d’indépendance des juges, leur demande de « classer sans suite les infractions qui n’existent nulle part ailleurs que dans l’esprit des dictateurs ». Extrait :

« Le 19 juin 2013, un tribunal a condamné un manifestant de La Manif Pour Tous à une peine d’emprisonnement ferme en comparution immédiate. Quel était le crime commis par celui-ci justifiant cette sévérité inhabituelle alors que les agresseurs d’un train (le RER D) étaient condamnés il y a quinze jours à de simples peines assorties du sursis, alors que les casseurs du Trocadéro du mois de mai ne sont toujours ni jugés, ni a fortiori condamnés ? […] Emprisonné pour avoir refusé de se soumettre à la dictature. »

Et le magistrat d’enfoncer le clou en demandant aux forces de l’ordre de se conformer à leur conscience : « Et vous, policiers de France, qu’attendez-vous pour poser les armes lorsque vous recevez des ordres illégaux ? Certains d’entre vous auraient dit leur dégoût lorsqu’ils sont forcés d’arrêter des veilleurs pacifiques. Honte à vous : si vous êtes dégoûtés, refusez ! »

Nicolas B., un traitement plus sévère que pour les pilleurs du RER D

Une lettre qui va assurément faire du bruit dans le milieu de la magistrature, peut-être même être accrochée sur le fameux « Mur des cons » du Syndicat de la magistrature. Mais une lettre énonçant des vérités tellement évidentes que l’on ne peut que s’étonner qu’il faille les rappeler en 2013. Pour saisir toute la raison de cette indignation, un court rappel des faits s’impose : 

Nicolas B. avait essayé d’éviter son interpellation alors que la police avait chargé les manifestants sans sommation, ce qu’elle était pourtant tenue de faire. Le jeune homme avait eu l’outrecuidance de se réfugier dans une pizzeria, où les policiers l’avaient appréhendé et tabassé, puis de refuser d’être fiché par son ADN et avait décliné son identité en donnant le nom de sa mère. Au procès, le juge Dutartre a refusé de tenir compte de la vidéo réfutant les accusations des policiers, et a prononcé l’incarcération immédiate de l’étudiant à Fleury-Mérogis. Une condamnation qui jure avec celle d’un extrémiste de gauche à… 4 mois avec sursis pour avoir gazé deux policiers ou celles des jeunes qui avaient attaqué une rame du RER D pour en dévaliser les voyageurs, condamnés eux à des peines avec sursis ou des avertissements, une sanction légère quand bien même il s’agit de justice des mineurs.

D’après le témoignage d’une jeune fille manifestant aussi ce soir-là, Nicolas était spécialement visé par les policiers. Il est l’un des quatre fondateurs de la Veillée pour Tous, ce mouvement pacifique qui s’assied sur des places publiques la nuit en récitant des poèmes pour dire non à la Loi Taubira. La sanction pourrait démobiliser, décourager les partisans de la famille classique, mais elle renforce leur détermination, non plus seulement face à la loi Taubira mais également face aux atteintes aux libertés publiques. Parce que, désormais, pour ou contre la loi, c’est aussi le sort des droits fondamentaux, dont celui de manifester, qui est concerné. Parce qu’il est désormais question de la légalité, de la défense de l’Etat de droit : quel est le fondement juridique d’une arrestation sans sommation ? D’une condamnation prononcée par un juge qui écarte les preuves vidéo ? Et, parlant de vidéo, quelle sont la valeur et la liberté des reportages des médias qui ne montrent que ce qui va dans le sens du pouvoir ?

Une pensée unique dénoncée jusque par Jean-Pierre Pernaut

L’indignation de ce magistrat est partagée par le présentateur du sacro-saint Journal télévisé de 13 heures sur TF1, Jean-Pierre Pernaut. Le 20 juin, le journaliste a déclaré au cours de son émission : « Il ne fait pas bon être hostile au mariage homosexuel. Un opposant qui manifestait lors du passage de François Hollande sur M6, dimanche soir, a été condamné à deux mois de prison ferme. C’est une première en France. Et Frigide Barjot, vous savez leader de ce mouvement, est expulsée du logement de la ville de Paris qu’elle louait depuis une trentaine d’années. Tiens donc ! » (1).

Une indignation qui vaut aujourd’hui à Jean-Pierre Pernaut de recevoir une volée de bois vert pour manquement au devoir d’impartialité. Sans rire !! Parce qu’énoncer des faits, ce serait désormais manifester une opinion, en France. Parce que les journalistes sont réputés pour leur fidélité aux faits, leur refus de travestir la vérité. Surtout en matière de mariage et d’adoption homosexuels. Pourtant, nulle critique de Claire Chazal quand elle a établit un rapport entre la mort du militant extrémiste de gauche, Clément Méric, et le refus du maire d’Arcangues de célébrer des mariages gays.

Le 8 juin dernier, au cours du Journal télévisé du 20 heures, Claire Chazal avait proposé une relation douteuse entre ces deux évènements en annonçant la décision de cet édile : « Tout cela reflète  les tensions qui se sont exacerbées entre groupuscules d’extrême-gauche et mouvements d’extrême-droite au moment du vote de la loi sur le mariage pour tous » (à partir de 6’09″). Un manquement à l’impartialité qui rejoint tant d’autres, comme nier l’importance des manifestations, filmer de face celles des lobbies gays pour donner l’impression d’un grand nombre. Ou encore faire prévaloir les versions officielles, celles du Gouvernement et de la préfecture de police de Paris. Comme si les chaînes privées et publiques étaient des médias d’Etat. Plus encore, des médias du Gouvernement.

C’est cette collusion des médias et des autorités, comme cette soumission des médias et des juges au Gouvernement, que dénoncent en substance le magistrat « Malesherbes » et Jean-Pierre Pernaut, conscients qu’un stade supplémentaire dans l’atteinte à la démocratie a été franchi. Un stade décisif

JD – Témoignage Ethique 

(1) Nous ne nous prononçons que sur les critiques concernant son mot quant à l’incarcération. Il reste, cependant, que la sommation faite à Frigide Barjot et son mari de quitter leur logement laisse le sentiment d’être liée à leur opposition au mariage homosexuel. En effet, ils y ont domicilié leur société, Jalons (« un groupe de farceurs »), ce qu’interdit le contrat de bail. Sans, toutefois, que cela ne pose de problème jusque là.

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Discussion

2 réflexions sur “Emprisonnement d’un opposant pacifique : un haut magistrat et Pernaut dénoncent !

  1. sur bfm tv, apres la mort de meric:
    « l’auteur des coups portés à meric doit être d’origine espagnole, si l’on se fie à son prenom ,esteban »
    on attend toujours les réprobations des uns et des autres

    Publié par joseph | juin 23, 2013, 11:41
  2. Bravo et félicitations Monsieur Pernaut quoi qu’en disent vos opposants vous êtes l’honneur de votre profession, eux en sont totalement indignes, ce ne sont que vulgaires collabos avec le pouvoir en place déshonorant le noble métier de journaliste…

    Publié par Michel Clodoré | juin 24, 2013, 10:55

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