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Bioéthique

Shinya Yamanaka: « je veux trouver un moyen d’éviter d’utiliser des embryons humains »

A l’occasion de la venue à Paris du chercheur Japonais Shinya Yamanaka, mardi 13 novembre, Sciences et Avenir a interviewé le prix Nobel de Médecine à propos de ses recherches relatives aux cellules souches pluripotentes induites (iPS) (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 08/10/12).

Interrogé sur ce qu’il rêve « de voir réaliser avec les cellules iPS avant la fin de sa carrière », Shinya Yamanaka, ancien médecin, répond: « nous voyons deux applications des cellules iPS: la médecine régénérative et la découverte des nouveaux médicaments. Je veux vraiment qu’elles deviennent réelles dans les 10 ou 20 ans ». Il ajoute qu’il croit réellement que d’ici là, « ces cellules souches seront utilisées en routine à l’hôpital », et que « la dégénérescence maculaire sera la première maladie qui sera traitée avec les cellules iPS ».

A la question de savoir si, dans la mesure où « les cellules iPS sont des cellules reprogrammées, [on peut les] considérer [comme] semblables à des cellules ‘neuves' », le chercheur japonnais répond: « Je pense que ce sont presque des cellules neuves. Ma vision est que nous travaillons sur une machine à remonter le temps pour les cellules. Elle permet de ramener des cellules à un état embryonnaire ». Interrogé ensuite sur la différence de potentialité entre les cellules iPS et les cellules souches embryonnaires, Shinya Yamanaka précise: « ces deux types de cellules sont très proches. Pour le moment, on ne peut pas dire qu’il est impossible de distinguer cellules souches et cellules iPS, mais elles se ressemblent beaucoup. J’espère que l’on pourra remplacer prochainement les cellules souches embryonnaires par des cellules iPS dans différentes applications », ajoutant que « tout ce que nous pourrons faire avec des cellules souches embryonnaires, je pense que nous pourrons le faire avec des cellules iPS ».

Au lieu de réaliser des traitements à partir de cellules prélevées sur chaque patient, Shinya Yamanaka préconise de les réaliser à partir de lignées cellulaires cultivées en laboratoire: « nous essayons de mettre en place des stocks de cellules iPS, plutôt que de prélever des cellules chez chaque patient. Nous espérons ainsi obtenir 10 ou 20 lignées de cellules iPS, à partir de cellules prélevées chez des volontaires en bonne santé ». En effet, ajoute-t-il, « ce sera surtout plus pratique, puisqu’on pourra préparer des cellules en avance, et moins cher. Mais ce sera aussi la seule manière de pouvoir traiter des patients dans des situations d’urgence, comme par exemple chez ceux qui ont subi une lésion de la moelle épinière ».

Enfin, à la question de savoir s’il a « commencé à travailler sur les iPS faute de pouvoir conduire des recherches sur les cellules souches embryonnaires », Shinya Yamanaka répond: « je veux trouver un moyen d’éviter d’utiliser des embryons humains, c’est ma motivation.

Source : Genethique.org (Fondation Lejeune).

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